Les marchés suspendus à l'escalade militaire à Ormuz
information fournie par Zonebourse 13/04/2026 à 18:15
A peu près 21 heures. C'est le temps qu'il aura fallu ce week-end aux délégations iraniennes et états-uniennes pour mesurer l'ampleur de leurs désaccords et repartir dos à dos, bons ennemis. Prenant acte de l'échec des négociations, Washington a aussitôt lancé une nouvelle phase dans le conflit qui l'oppose à la République islamique en ordonnant un blocus des ports iraniens, un dispositif censé entrer en vigueur ce jour à 16h.
Trente minutes après le début officiel du blocus, à 16h30, Donald Trump a rappelé sur Truth Social que la marine iranienne avait déjà été défaite, avec, assure-t-il, 158 navires au fond de la mer. "Nous n'avons pas touché leur petit nombre de navires qu'ils appellent "navires d'attaque rapide", car nous ne les considérions pas comme une menace importante", précise-t-il. Avant d'avertir : "si l'un de ces navires s'approche de notre blocus, il sera immédiatement éliminé, selon la même méthode que celle utilisée contre les trafiquants de drogue en mer. C'est rapide et brutal".
De son côté, le porte-parole du quartier général central iranien Khatam al-Anbia a condamné la décision américaine d'imposer des restrictions au transit maritime des navires dans les eaux internationales, qualifiant le projet de blocus naval de l'Iran par Trump "d'acte illégal et de piraterie maritime", rapporte l'agence iranienne Tasnim.
"Il n'y aura pas de retour à la normale à Ormuz"
La tension autour du détroit - par lequel transite quelque 20% des flux mondiaux d'hydrocarbures - est telle que certains commencent à envisager la construction d'un canal qui permettrait de contourner le passage. Un chantier titanesque qui pourrait prendre entre 1 et 3 ans, mais qui pourrait être une sérieuse alternative à un blocage sur le long terme. En effet, "dans mes scénarios, je considère qu'il n'y aura pas de retour à la normale à Ormuz", soulignait ce matin Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
L'analyste redoute aussi la déstabilisation des chaînes d'approvisionnement et des chaînes logistiques, alors qu'entre 35 et 45% de la production mondiale d'urée et 30% de la production d'ammoniac (des produits indispensables à la fabrication d'engrais) transitent par le détroit d'Ormuz.
Craintes de pénuries d'engrais
Alors que la période des semis agricoles débute dans l'hémisphère nord, l'expert craint que la saison ne soit d'ores et déjà perdue. Il anticipe une inflation alimentaire d'ici 6 à 9 mois, même s'il faudra attendre la fin mai pour connaître plus précisément l'ampleur réelle de la baisse de production.
"L'échec des discussions prolonge la fermeture du détroit et accroît le risque de pénuries physiques aiguës sur les marchés du pétrole, du GNL, des produits raffinés, des engrais, de l'hélium et de la pétrochimie. L'Iran pourrait estimer être en mesure de supporter le blocus plus longtemps que les Etats-Unis et l'économie mondiale", souligne de son côté Paul Diggle, chef économiste chez Aberdeen.
Dans ces conditions, le pétrole évolue autour des 102 USD le baril pour le Brent et le WTI, et le VIX remonte vers les 20 points ( 3,5%).
Rappelons aussi que sur le plan géopolitique, l'implication des Etats-Unis dans le blocus d'Ormuz pourrait inspirer la Chine, qui lorgne toujours sur Taïwan. L'implication de Washington dans le Golfe pourrait encourager Pékin à "privatiser" à son tour le stratégique détroit de Formose, par lequel transitent quelque 25% des exportations de l'UE.
En Europe, d'ailleurs, la défaite d'Orban en Hongrie, bien que d'importance limitée pour les perspectives de croissance européenne à court terme, devrait être plus déterminante pour la capacité d'action de l'Europe.
"La question n'est plus de savoir si la Hongrie pourrait cesser d'être un facteur de blocage au sein de l'UE, mais à quelle vitesse ce basculement politique peut se traduire en changements concrets de politiques publiques", souligne Apolline Menut, économiste chez Carmignac.
Les valeurs en mouvement
Sur les marchés, l'indice parisien est tiré par Dassault Systèmes ( 4,31%) et Thales ( 2,47%), tandis que Capgemini ( 2,14%) complète le podium. En revanche, Stellantis, Danone et Veolia lâchent respectivement 2,77%, 2,69% et 1,6%.
Peu après la clôture, LVMH a publié un chiffre d'affaires de 19,12 milliards d'euros au titre du 1er trimestre, en hausse de 1% en organique mais en contraction de 6% en publié.
Dans le reste de l'actualité des sociétés, HSBC a annoncé lundi relever de 21 à 26 EUR son objectif de cours sur Puma (-2,02%), tout en maintenant sa recommandation "conserver" sur le titre en l'absence de catalyseurs à court terme.
Jefferies se montre toujours particulièrement positif sur GSK (-1,47%) et a relevé son objectif de cours de 2 450 à 2 500 pence, tout en maintenant une recommandation à l'achat.
BP ( 0,75%) fait part de l'acquisition de 60% de trois blocs d'exploration offshore en Namibie (PEL97, PEL99 et PEL100) auprès d'Eco Atlantic Oil & Gas, dans le cadre de la stratégie du géant pétro-gazier britannique visant à développer son portefeuille en amont.
HSBC a annoncé lundi avoir ramené de 180 à 175 EUR son objectif de cours sur Adidas (-1,12%), tout en maintenant sa recommandation d'achat sur le titre qu'il s'attend à voir profiter des difficultés actuellement rencontrées par son grand concurrent, l'américain Nike.
TotalEnergies ( 1,3%) et Türkiye Petrolleri Anonim Ortakli (TPAO) ont signé aujourd'hui un protocole d'accord portant sur des opportunités d'exploration. Cet accord établit un cadre de coopération technique, incluant une évaluation conjointe d'opportunités d'exploration dans la zone turque de la mer Noire ainsi qu'à l'international.
Enfin, sur le front des statistiques, la journée a été calme, les marchés se contentant des ventes de logements existants aux Etats-Unis. Celles-ci se sont contractées de 3,6% en mars par rapport au mois précédent, pour s'établir à 3,98 millions en rythme annualisé, selon la National Association of Realtors, alors que le consensus les attendait à plus de 4 millions.
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